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Manifestation Bush à Bruxelles: protestation des femmes, féministes, lesbigays et queers! Ambassade américaine, lundi 21 février 2005 à 17h30


Par une action de protestation et un texte de plate-forme des groupes de femmes, féministes, lesbigays et queers voulons souligner que (les idées de) Bush ne sont pas les bienvenues en Belgique ou Europe.

Nous vous convoquons le lundi 21 février à 17h30 devant l'Ambassade américaine, Bld du Régent 27, à 1000 Bruxelles [gare Bruxelles-Nord - metro Arts-Loi]. Nous nous rassemblerons autour du groupe samba Famba: elles seront habillées en rose et apporteront des tambours, claxons et des sonnettes!

Pour exprimer la solidarité avec les femmes, les féministes, les lesbigays et les queers, nous voulons demander à chacun-e de s'habiller en rose vif. Une écharpe, un bonnet, une casquette ou un parapluie rose feront l'affaire. Evidemment, vous pouvez aussi apporter des banderoles et pancartes avec votre propre message ou celui de votre organisation.

Coordination de cette action: FC Poppesnor & NextGENDERation Bruxelles



Texte plate-forme

Les 20, 21, 22 février George W. Bush sera en ‘visite’ à Bruxelles. Les organisations de femmes, féministes, lesbigay (lesbiennes, bisexuel-le-s, gays, transgenres) et queer se sont associées aux manifestations déjà annoncées. Nous partageons les préoccupations émises par les associations de protection de l’environnement, des associations de défense des droits humains, des associations pacifistes et d’aide au développement. Ces points ont été regroupés dans une plateforme de revendications consultable ici. Mais en tant que mouvement de femmes, féministes, lesbigay et queer nous voulons mettre en lumière le fait que le gouvernement Bush développe des politiques menaçant les droits des femmes et des lesbigays du monde entier. Cette menace devient une attaque lorsque ces personnes sont pauvres, noires et musulmanes. Par notre action de protestation nous voulons souligner que les idées de Bush – et de la délégation qui l’accompagne- ne sont pas les bienvenues.

Pas de remise en question du droit à l’avortement

En 1994 George W. Bush déclarait dans le Dallas Morning News, “I will do everything in my power to restrict abortion.” (Je ferai tout en mon pouvoir pour restreindre l’avortement). Entre temps le droit d’avorter de façon sûre et légale ainsi que le principe de libre disposition des femmes de leurs propres corps ne tient plus qu’à un fil aux Etats-Unis. De plus, Bush aura l’opportunité durant son second mandat de désigner à la Cour Suprême une personne capable de réunir une majorité de voix contre : les cours de justice fédérales sont depuis longtemps sous l’influence de politiciens anti-avortement de la droite conservatrice et sont, depuis Bush, systématiquement pourvues de juges conservateurs et de surcroît homophobes. Par ailleurs, Bush a proposé la ‘global gag rule’. Cette mesure ne permet plus aux plannings familiaux subsidiés par l’Etat de diffuser de l’information sur l’avortement même à l’étranger ! De plus, il a aussi placé des membres ultra - conservateurs dans toutes les commissions chargées des droits reproductifs. Certains d’entre eux sont carrément contre les moyens de contraception.

Dans le monde entier, une femme sur quatre choisit de se faire avorter (chaque année autour de 46 millions). Approximativement toutes les 6 minutes une femme meurt d’un avortement illégal ou pratiqué dans de mauvaises conditions, ce qui fait à peu près 80.000 mortes par an. Dans les pays où les lois sur les avortements sont plus restrictives ce sont principalement les femmes issues des milieux les plus défavorisés qui décèdent des suites d’un avortement clandestin. En légalisant (ou préservant) le droit à l’avortement et en réalisant des programmes de prévention à l’école, en favorisant l'accès aisé aux méthodes de contraceptions en cas de besoin, des milliers de vie de femmes auraient pu être sauvées. Les méthodes de Bush en matière de santé reproductive (le coït interrompu comme seule forme de prévention rend l’accès difficile à l’information sur les méthodes contraceptives) sont non seulement pires qu’une loi dénigrant le droit à l’avortement mais mettent aussi en péril la vie des femmes du monde entier.

Une justice pour les crimes de guerre et le respect de la reconnaissance internationale des traités

La position des Etats-Unis sur le plan international a un impact crucial sur la vie des femmes. Avec la situation intolérable au Darfour (Soudan) de ces derniers mois, le refus des Etats-Unis de reconnaître la Cour Internationale de Justice a encore un goût plus amer, alors que nombres de plaintes pour crimes de guerres – pour motifs de viols systématiques de femmes et de filles - ont été déposées.

Non-discrimination des lesbigays (lesbiennes, gays, bisexuel-les, transgenres)

Les lesbigays ne sont pas épargné-e-s non plus par le gouvernement Bush. Bush et son équipe veut restreindre les mariages homos: le gouvernement Bush tente explicitement d’inscrire, dans la constitution, le contrat de mariage comme spécifiquement réservé aux couples hétérosexuels. Par ailleurs, il s’oppose encore plus fermement à l’adoption d’enfants par des couples lesbigays. Ces mesures anti-lesbigays créent un climat négatif pour les lesbigays alors qu’ils/elles sont déjà susceptibles de vivre des discriminations et des violences homophobes.

Contre une stratégie du «diviser pour mieux régner » : les femmes (musulmanes) élèvent la voix

Un des arguments de Bush pour sa ‘War on Terror’ auto - déclarée contre l’Afghanistan et l’Irak était la libération du peuple – mais surtout des femmes – de la dictature fondamentaliste. Or, la situation des femmes ne s’est pas améliorée dans aucun de ces deux pays: les organisations locales comme RAWA (Revolutionary Association of the Women of Afghanistan) et la Iraqi Women’s League ne se sentent pas plus libres depuis l’invasion américaine, RAWA parle plutôt du remplacement d’un régime fondamentaliste par un autre. La Iraqi Women’s League qualifie la soit-disant ‘libération’ américaine de l’Iraq comme une occupation impérialiste et demande le retrait des troupes américaines.

Dans le monde, la ‘War on Terror’ est devenue synonyme de la ‘War on Islam’ ce qui engendre discriminations et stigmatisations à l’encontre des musulman-e-s. Ceci est perceptible non seulement pour les musulman-e-s des Etats-Unis mais aussi pour les musulman-e-s d’Europe. Sur ce point aussi les droits des femmes ont un rôle important à jouer: dans plusieurs pays d’Europe, à cause du port du foulard, les droits à l’éducation, au travail, à la religion ont été niés pour les femmes musulmanes. Ainsi, l’ exemple de Naïma Amzi, employée de l’entreprise Remmery qui a été menacée est illustratif. Dans le mouvement des femmes, cette idée de ‘choc des cultures’ émerge entre les femmes musulmanes et non musulmanes et freine les possibilités de solidarité. Nous ne voulons plus soutenir cette stratégie du ‘diviser pour mieux régner’. Les femmes musulmanes ne sont pas des « victimes », elles ne sont pas des « étrangères » et ne sont pas non plus des « terroristes ».

Les femmes (musulmanes) veulent aussi faire entendre leurs voix sur pied d’égalité contre les régimes oppressants comme l’est celui des Etats-Unis actuellement. Par la même occasion, nous voulons saisir la visite de Bush pour souligner notre préoccupation devant l’émergence d’un climat conservateur omniprésent. Ce climat est, du moins en Belgique, menaçant pour (notamment) la préservation du droit à l’avortement (penser à la présidente de la commission Droit des Femmes au parlement européen: une militante conservatrice et anti-avortement) mais a aussi une influence sur les demandeurs et demandeuses d’asile et sur l’état de pauvreté générale des hommes et des femmes. C’est une politique de droite libérale qui prône ‘notre peuple d’abord’ (‘eigen volk eerst’) qui renvoie d’Europe les "illégaux/ales", qui stigmatise les musulman-e-s comme des terroristes en puissance et qui accroît les probabilités de sombrer dans la pauvreté en menaçant les assises de la sécurité sociale et d’un travail correctement remunéré.

En Europe, nous devons rester vigilant-e-s devant les échos néo-conservateurs qui remettent en question les acquis en matière de droits des femmes. Nous ne voulons pas que ces forces conservatrices se sentent renforcées par la visite de Bush en Belgique.

En tant que organisations de femmes, féministes, lesbigay et queer nous voulons faire entendre notre voix lors de la visite de Bush contre le sexisme, l’homophobie et le racisme, y compris anti-musulman, tant en Belgique et en Europe qu’aux Etats-Unis. Par notre action de protestation nous tournons le dos à Bush et à sa politique et marchons ensemble vers un futur commun composé de nos désirs les plus diversifiés.

traduction par Sandrine Debunne. Merci Sandrine!!


Signataires

Collectif femmes en noir contre les centres fermés et les expulsions
Commission une femme une homme (Ecolo)
Coordination Holebi Bruxelles
DASQ - Dames, seuten en queers

Famba
Feministisch Café Poppesnor

Gender Actie Groep (GAG)
IVCA-YWCA Antwerpen
Lesbiennevereniging Labyrint vzw
LinC – Lesbisch in Se

NextGENDERation Bruxelles
pinkwave
Sophia asbl/vzw
Universitair Centrum voor Ontwikkelingssamenwerking (UCOS)
Vie Féminine

Voor Moeder Aarde
Vrouwen Overleg Komitee (VOK)


Liens

Stop Bush. Manifestations Contre la visite de Président Bush en Belgique!

Information

NARAL. Pro-Choice America. "The Bush Judges: Rolling Back Rights"
The Feminist Majority Foundation. "Feminist Court Watch"
Div@zine. "Vrouwenrechten onder vuur in Europees Parlement"
One Thousand Reasons. The Failures of the Bush Administration. "Women's Rights"
The Yale Herald. Sophie Pinkham. "Bush Pursues War on Reproductive Rights"
Gays Against Bush "Why Protest?"
Revolutionary Women of Afghanistan (RAWA). ‘Speech of a RAWA member in Honorary Doctorate Ceremoney in Brussels (May 16, 2003)’
Iraqi Women's League. ‘Open Appeal to all women's organisations in the UK’
Human Rights Watch. "Turkey: Headscarf Ban Stifles Academic Freedom."